Une reconnaissance supplémentaire pour les étudiants d’école de commerce passés par une prépa depuis 2025, les étudiants diplômés d’une école de commerce passés par une classe préparatoire reçoivent un certificat pour reconnaître les compétences acquises dans cette formation.
Par Séverin Graveleau Le 04 mars 2026.
A l’été 2025, les sortants d’école de management passés par une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) se sont, pour la première fois, vu remettre, en plus de leur diplôme de master, un nouveau « certificat des arts libéraux » (ou Certificate of Liberal Arts). Créé sous l’égide de la Conférence des directeurs des écoles françaises de management (CDEFM), ce document est censé valoriser les compétences spécifiques acquises en prépa : analyse critique, esprit de synthèse, résolution de problèmes complexes, etc.
Pour les acteurs de la filière, il s’agit de réparer une anomalie. « La classe préparatoire constitue l’une des principales voies d’accès aux grandes écoles, [mais] ces deux années d’enseignement intensif ne sont pas reconnues par un diplôme », commente Stéphanie Lavigne, directrice générale de l’école de management TBS Education et vice-présidente de la CDEFM. Une singularité française qui contraste avec le modèle européen construit autour des niveaux bac + 3 et bac + 5.
Ce certificat doit aussi permettre de « matérialiser le continuum entre la prépa et la grande école ». Les prépas ne seraient ainsi plus seulement un sas avant les concours, mais la première étape d’un parcours cohérent. Pour Alain Joyeux, président de l’Association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales, « ce certificat est une manifestation du soutien des grandes écoles à la filière prépa », qui a vécu des hauts et des bas ces dernières années. Mais c’est aussi une solution de compromis : « Nous avions demandé par le passé que les prépas obtiennent le grade de licence à bac + 3. Mais cela a été repoussé à la fois par le ministère et par les grandes écoles. »
Des badges numériques
Le choix de l’intitulé répond par ailleurs à une stratégie sémantique tournée vers l’international. « Le système des classes prépa n’existe pas tel quel à l’étranger. Quand on parle de “preparatory school” à l’international, ils ne comprennent rien, alors que “liberal arts”, ça leur parle », précise Alain Joyeux. Dans le monde anglo-saxon, les Bachelors of Arts, formations généralistes diplômantes, peuvent en effet se rapprocher des CPGE françaises. Afin de permettre aux étudiants de valoriser ce « certificat des arts libéraux », celui-ci est délivré en français et en anglais sous la forme de badges numériques, conçus pour être intégrés sur CV ou le profil LinkedIn des diplômés. L’objectif des écoles est ainsi de leur fournir un outil de différenciation sur le marché du travail, « en signalant aux recruteurs un parcours doté d’une “valeur augmentée” par rapport aux étudiants admis par d’autres voies », plaide Stéphanie Lavigne.
Il est à noter que cette démarche s’étend au-delà des seuls profils économiques et commerciaux. Sur le même principe, les étudiants issus de prépa littéraire (A/L) ayant intégré une école de management peuvent recevoir, depuis 2025, un Certificate of Humanities (« certificat en humanités ») visant à reconnaître l’apport de disciplines telles que la littérature, la philosophie ou l’histoire dans la formation des futurs cadres.



